A la découverte du centre historique de Romans

Une de mes amies a récemment emménagé à Romans et me propose de venir passer quelques jours chez elle. Je profite de l’après-midi pour partir à la découverte du centre historique de Romans.

C’est en longeant les boulevards de la place Jean Jaurès que j’aperçois le sommet d’une tour dotée d’une flèche et d’un automate : la Tour Jacquemart, le point de départ du centre historique. Construite en molasse, pierre très friable de la région, elle fut le premier rempart édifié en 1164. La partie haute a été ajoutée au XVème siècle et devient horloge monumentale. Elle sonna la première fois en 1429. Elle est dotée d’un automate, dont le costume a changé selon les époques et les régimes. Tantôt lancier polonais, tantôt troubadour, il revêt au final le costume du volontaire de 1792 qui rappelle le rôle de Romans dans les prémices de la Révolution française.

En déambulant depuis le côté sud de la tour, je découvre un quartier qui a gardé sa configuration moyenâgeuse avec ses ruelles étroites et ses anciennes maisons élevées témoignant de la richesse de l’époque. Je continue mon chemin et j’arrive à l’ancienne maison commune datant du XIVème siècle située à l’angle de la place Perrot de Verdun et ornée d’un ancien portail remarquable datant du XVIIIème siècle qui portait la devise suivante : «Par ses bonnes coutumes et ses bons citoyens, Romans se gouverne». Ce sera le premier hôtel de ville jusqu’en 1790.
C’est un peu plus loin à l’angle de la rue du Mouton que j’aperçois une des plus anciennes maisons médiévales de la ville nommée Maison du Mouton datant du XIVème siècle dont l’emblème sur la façade est une tête de mouton, peut-être en lien avec un ancien hôtel…
J’arrive ensuite à la place Maurice Faure entourée de hautes maisons et d’anciens hôtels particuliers abritant des cours intérieures renaissance. C’est aujourd’hui le lieu du marché de la ville très prisé des Romanais le dimanche matin, très coloré et convivial m’a-t-on dit. J’y retournerai avec plaisir en fin de semaine.

Je continue mon chemin et j’arrive à l’angle de la rue Pêcherie et du parvis de la collégiale Saint-Barnard près de l’Isère et du Pont Vieux. Je n’hésite pas à traverser le pont pour avoir une vue imprenable sur cette magnifique collégiale. Je rentre dans cette église à la fois romane avec ses personnages sculptés et drapées à l’entrée pour sa partie inférieure et gothique pour sa partie supérieure jusqu’au clocher de style gothique flamboyant. J’apprends qu’elle fût fondée en 837 par Barnard, alors archevêque de Vienne. Cette église transformée en collégiale fut maintes fois dévastée, incendiée, reconstruite et surélevée. Elle associe aujourd’hui ces deux styles ce qui la rend unique et elle est entièrement édifiée en molasse, comme pour la tour Jacquemart. Je décide de faire une visite plus approfondie de cette magnifique collégiale lors d’une prochaine visite guidée organisée afin de découvrir son histoire, d’accéder à sa chapelle du Saint-Sacrement où on peut admirer les tentures brodées du XVème siècle et à sa sacristie recouverte de boiseries du XVIIème siècle et abritant le trésor de Saint-Barnard.

Je prends ensuite la direction de la rue Pêcherie, qui est aujourd’hui une rue d’artisans ou de galeries de peintures. Puis, j’emprunte l’escalier Josaphat , un escalier couvert très original qui relie la rue Pêcherie à la place de la Presle. Ce quartier est entouré en partie par les anciennes maisons des tanneurs et leurs fameux balcons en bois sur lesquels les peaux étaient étendues pour sécher. C’est en effet au XVème siècle que les premiers tanneurs et mégissiers se sont installés dans ce quartier, attirés par l’abondance des eaux. Le canal de la Martinette et la rivière Savasse alimentaient le travail des tanneurs et plus tard les tanneries. Aujourd’hui, ceux-ci sont cachés sous les constructions et notamment sous la place de la Presle. Pendant plusieurs siècles cet artisanat du cuir permet à Romans le développement d’une nouvelle source économique qui se transformera en industrie du cuir et de la chaussure de luxe au XIXème siècle. L’industrie de la chaussure fera la renommée de Romans en tant que capitale de la chaussure.


Je décide de monter ensuite en direction du cimetière de Romans par la Côte des Chapeliers près duquel se trouve un belvédère où je peux admirer les deux rives de l’Isère ainsi que le Vercors. J’en profite pour prendre quelques photos pour immortaliser ce moment de visite.

Vient l’heure de rentrer chez mon amie, j’en profite pour lui raconter cette merveilleuse journée au cœur de Romans.